L’autre festival ardéchois

Rares sont ceux qui aiment les dimanches soir du mois de septembre. Pourtant, dimanche 11, à la veille de la dernière étape du Tour Cycliste Féminin International de l’Ardèche, les amateurs de cyclisme du coin ne pouvaient que trépigner d’impatience. Il faut dire que la troisième plus grande course à étapes du calendrier féminin – derrière le Tour de France et le Giro – n’a pas fait de cadeaux aux 76 coureuses encore en lice pour le dénouement de la 20ème édition. Avec plus de 1700 mètres de dénivelé positif, pas moins de 121 kilomètres et trois bosses répertoriées au classement de la montagne, les audacieuses avaient de quoi rendre le scénario explosif et spectaculaire. Moins difficile donc de sauter du lit pour les suiveurs assidus.
Les six premiers jours de course, qui traversaient les départements méridionaux de la Lozère, de l’Ardèche, de la Drôme, du Gard, et du Vaucluse, ont révélé ô combien la région était une terre de cyclisme abrupt. Le plat, ici, n’est pas la spécialité du terroir. On vagabonde entre les bosses, les coups de cul, les descentes, les portions plus favorables – jamais très longues – et les montées, encore. Heureusement, en levant le nez, les coureuses avaient de quoi se réconforter. Le tracé de cette 20ème édition nous a en effet offert un décor somptueux. Mais pas sûr que le souvenir principal qu’il leur restera sera celui-ci. La difficulté du parcours, les scénarios de course rocambolesques et les abandons successifs – un tiers des coureuses ont dû quitter leur équipe avant la dernière étape – ont de fait marqué cette édition.
Au matin de la 7e étape qui s’élance de Vesseaux, trois filles peuvent encore espérer chiper le maillot rose à Antonia Niedermaier même si la jeune coureuse de l’équipe Canyon Sram Generation paraît marcher sur l’eau depuis qu’elle a pris la tête du classement général lors de la 4ème étape. En effet, après une somptueuse victoire à Sarras, concluant 80 kilomètres d’échappée en solitaire, la coureuse allemande a renfoncé le clou en haut du Mont Lozère. Elle possède donc un confortable matelas avec 1’22 d’avance au général sur sa dauphine Loes Adegeest, vainqueuse à Pernes-Les-Fontaines et 1’53 sur Silvia Zanardi, porteuse du maillot des rushs(1) , et détentrice du maillot vert de meilleure sprinteuse après sa victoire à Alès.

(1) Le maillot des rushs, sponsorisé par la CNR et de couleur violet est porté par la concurrente qui possède le plus de points cumulés aux sprints intermédiaires